Catégorie : La route de la Joie

  • La route de la Joie – Contre toute attente, un nouveau compagnon dans ma vie

    La route de la Joie – Contre toute attente, un nouveau compagnon dans ma vie

    Episode 15: Deux mois jour pour jour après le décès d’Ulysse au Danemark, j’ai fait une rencontre incroyable en Pologne!

    En quittant Varsovie, pour éviter de grosses flaques d’eau, j’ai dévié légèrement de ma trajectoire. Pour cette inattention, j’ai été klaxonnée  par un chauffeur de transport public et c’est normal. Afin de m’excuser et détendre l’atmosphère, j’ai tiré sur la ficelle de mon klaxon mythique de la «Cucaracha». Deux heures plus tard, après avoir pris les petites routes pour profiter du paysage, je me suis arrêtée dans un verger de pommes pour boire mon café à bord de Begoodee. Je rallume mon téléphone et je reçois un message par Facebook d’une inconnue qui m’écrit ceci (en anglais): «J’étais une passagère du bus que vous avez klaxonné et ça m’a bien fait rire! Par la fenêtre, j’ai vu votre véhicule, son logo et ses dessins! J’ai immédiatement été voir votre projet sur Internet! J’ai trouvé tellement génial que je vous envoie ce message par Facebook. J’aimerais absolument vous rencontrer et vous inviter à manger chez mes parents, à Rosanna. Mais vous avez peut-être déjà quitté le pays! Je tente ma chance!» J’ai aussitôt été vérifer où se trouvait Rosanna sur Google Maps… J’étais stupéfaite de découvrir que, sur toute la carte de la Pologne, ce petit village n’était qu’à 5 kilomètres de moi! J’ai donc été chercher Kot Wlóczykij au terminus de ce fameux bus duquel tout est parti et nous avons rejoint sa famille dans leur petite maison de vacances.

    Kot Wlóczykij est une activiste très engagée en Pologne pour les droits des LGBT et l’instruction sexuelle chez les jeunes. Tout à coup, au milieu du repas, un chien noir et blanc est apparu devant le portail de la maison. «Il a été abandonné il y a deux semaines et il vient chercher un peu de pain chez nous», raconte Kot. «Personne ne peut le garder au village. Il est condamné à vivre dans la rue…». Moi qui ne voulais pas reprendre de chien, devant l’enchaînement extraordinaire des événements qui ont orchestré ce rendez-vous, je n’ai pas résisté. Je l’ai emporté à bord de Begoodee, devant la mine ravie de toute la famille. Il s’est très vite adapté à sa nouvelle vie de baroudeur! Je l’ai emmené chez une vétérinaire à Cracovie qui l’a vacciné et lui a fait un beau passeport. Je l’ai appelé LOVSKI: «LOV» pour l’amour et «SKI» pour respecter ses origines polonaises et… pour le ski suisse bien sûr! ■ (à suivre)

    Isabelle Alexandrine Bourgeois
    contact: isabelle@joyfortheplanet.org

     

  • La Route de la Joie – Episode 13

    La Route de la Joie – Episode 13

    Episode 13: Isou poursuit sa route en Finlande, où elle fait une belle rencontre avec Ville, un jeune homme en situation de handicap.

    De ma fabuleuse traversée de la Scandinavie, je vous partage l’épisode le plus émouvant. En route pour Helsinki, je m’étais arrêtée au milieu de la forêt, sur les recommandations d’un ami, pour rencontrer Ukko Kärkkäinen, sa femme Inkare et Ville Määttä, un jeune ami de la famille de passage.

    Ukko est un Père Noël, aussi bien dans son cœur que dans son physique et Ville est un jeune homme en situation de handicap, plein de fougue et d’intelligence. Nous sommes partis en tournée à bord de Begoodee pour échanger sur la beauté, le sens de la vie, l’espoir, la joie et la nature. Nous nous sommes baignés dans l’un des innombrables lacs de la région et nous avons fait du canoë.

    Une fois nos âmes apprivoisées à bord de notre petite embarcation, j’ai demandé à Ville et à Ukko de me partager leur histoire respective pour comprendre d’où venait leur joie et leur rayonnement. Ville m’a confiée qu’à l’âge de 16 ans, il a essayé de se tuer en sautant d’une falaise. «Je me sentais venir d’un lieu merveilleux (avant sa naissance) pour atterrir dans un monde horrible. Je ne voulais pas rester sur Terre», raconte-t-il. Alors en pleine conscience, sans alcool ni drogue, il a sauté dans le vide! «Depuis, j’ai  perdu mes jambes mais j’ai trouvé ma raison de vivre et ma joie», confie-t-il. Ville a voyagé neuf mois à travers l’Europe dans sa chaise roulante avec laquelle il a parcouru plus de 1500 kilomètres et a connu un «éveil» en haut d’une colline à Rome.

    Quant à Ukko, son histoire n’est pas moins poignante. Sa mère tente de le noyer à l’âge de 9 mois. Son père, lourdement traumatisé par une blessure de guerre (Seconde Guerre mondiale) souffre de troubles du comportement. Son enfance est un cauchemar. «Aujourd’hui, j’ai transformé mes blessures et mes souffrances grâce au pouvoir guérisseur des mots. J’ai écrit des milliers de poèmes et j’ai accompagné des centaines de patients traumatisés par la guerre», raconte Ukko. Il explique qu’il a récupéré des rouleaux entier de bandages non utilisés datant de la guerre 39-45 dont il a découpé des petits morceaux, comme des mouchoirs. «Mes patients ont séché leurs larmes avec ces reliques de bandages puis ils y ont inscrit leur nom, une fois libérés des fantômes du passé».

    À travers ces deux témoignages, nous comprenons qu’il faut «mourir» un peu pour renaître à soi-même et accepter de vivre cette incarnation dans la gratitude, malgré tout.  (à suivre)

    Isabelle Alexandrine Bourgeois
    contact: isabelle@joyfortheplanet.org

  • La Route de la Joie – Episode 12 – Isou est en Finlande

    La Route de la Joie – Episode 12 – Isou est en Finlande

    Episode 12: Isou est en Finlande, où elle a assisté à une compétition sportive des plus drôles!

    Le Championnat du monde de lancer de botte, organisé cette année à Kinnula en Finlande, valait vraiment le détour! L’objectif est de lancer une botte en caoutchouc le plus loin possible et surtout, de vivre un bon moment de joie!

    J’ai été reçue en grande pompe par l’organisateur de cette compétition, Harry Kinnunen et son fils Hugo, 10 ans, qui ont travaillé d’arrache-pied pour cet événement pour lequel l’équipe néo-zélandaise a voyagé plus de 30 heures!

    Différentes pointures

    Tout le monde peut lancer sa botte, de 4 à 100 ans! Le record du monde est estimé à 68,03 m pour les hommes et 49,35 m pour les femmes. Les hommes lancent une botte de pointure 43, les femmes une botte de pointure 38 et pour les enfants, c’est du 33! Le modèle est identique par pays et par tournoi pour ne favoriser personne. Dans cette discipline, on ne se lèche pas les bottes pour gagner et personne n’est à la botte de quiconque!

    Cette année, le grand champion, catégorie homme, s’appelle Ari Lepistö avec un lancer de botte de 58,72 m!

    L’année prochaine, le Championnat du Monde se déroulera en Nouvelle-Zélande, les 23 et 24 mars à Taihape, capitale du lancer de botte chez les Kiwis et qui a fait ériger une botte de caoutchouc géante à l’entrée de la ville.

    Quelle joie d’assister à un tournoi où l’humour, l’autodérision, la simplicité et le bénévolat priment sur le stress et la dictature de l’argent comme c’est souvent le cas dans les grandes compétitions sportives internationales.

    Les Finlandais sont les rois du sport et la fantaisie et l’esprit décalé sont encore préservés. Par exemple, ils organisent chaque année le Championnat du Monde de porter d’épouse. L’homme doit porter sa femme le plus rapidement possible à travers un parcours long de 253,5 mètres, rempli d’obstacles. Mais il y a aussi le Championnat du Monde du football en marécage! Le jeu se joue dans la boue sur un terrain de 60 x 35 mètres. Quant au Championnat du Monde d’écrasement de moustiques, il a été arrêté en 1999 à cause de la pression exercée par les organisations des droits des animaux. La compétition se déroulait à Pelkosenniemi, en Laponie finlandaise. L’objectif était de tuer le plus grand nombre de moustiques en 5 minutes sans instruments ni produits chimiques. Le record du monde est 21 moustiques tués en 5 minutes… (à suivre)

    ISABELLE ALEXANDRINE BOURGEOIS
    isabelle@joyfortheplanet.org

  • La Route de la Joie

    La Route de la Joie

    Episode 11: Rencontre avec un des meilleurs guitaristes du monde dans le pays le plus heureux du monde selon l’ONU: la Norvège. 

    Après cinq mois intensifs, ma traversée de la Scandinavie s’égraine à un rythme plus paisible. Après le Danemark, je suis arrivée en douce Norvège. Je comprends pourquoi, selon un rapport de l’ONU, la Norvège est le pays le plus heureux du monde. Richesse, sécurité, esprit de communauté: autant de raisons qui expliquent la sérénité qui règne dans ce pays nordique.

    J’y ai retrouvé l’un des meilleurs guitaristes au monde et son groupe rock mythique, The Backstreet Girls, qui n ‘a rien à envier aux Rolling Stones. J’avais croisé Petter Baarli par hasard au milieu des glaces en 2015 au cours d’une expédition en Antarctique! Il y tournait un clip avec des manchots pour partager leur modèle social fondé sur la solidarité et l’entraide collective. «Les manchots se blottissent les uns contre les autres pour se tenir chaud et survivre à l’âpreté de l’hiver. Nous devrions nous en inspirer au lieu de nous disperser dans notre individualisme et notre égoïsme», regrette le musicien.

    Petter Baarli est aussi bien un modèle en musique qu’en humanité. Harcelé depuis l’enfance pour sa petite taille et son look un peu punk, il puise depuis toujours son génie et sa passion au puits de la résilience. Il a appris à transformer ses blessures en talent. Grand enfant surdoué, il est le «Petter Pan» rock n’en roll de Scandinavie et sa guitare et sa joie retentissent audelà des frontières.

    De la joie sous la loupe

    Quant à la Suède, elle se classe elle aussi en tête de peloton parmi les pays les plus sereins au monde. Les secrets du bonheur à la suédoise? Le «lagom» (prononcez Largom)! Il s’agit d’un art de vivre venu du Nord fondé sur le principe du «ni trop, ni trop peu, mais juste assez». Les valeurs «lagom» sont sobriété, simplicité et convivialité.

    Cette traversée plutôt contemplative m’a donné l’opportunité de réaliser un nouveau dessin sur Begoodee que j’ai baptisé «eLOVution»… Ce dessin raconte l’histoire de l’éveil de l’humanité; de l’ignorance des hommes et du repli sur soi à leur envol et à leur liberté par l’altruisme. En Scandinavie, moins la joie se voit et s’exhibe, plus elle agit et se lit dans le subtil, dans le frémissement argenté d’un feuillage de bouleau, dans un sourire à moitié esquissé, le dégradé de centaines de bateaux colorés dans les petits ports des fjords ou à travers cette irradiante et intense lumière des pays nordiques en été. (à suivre)

    Isabelle Alexandrine Bourgeois 
    contact: isabelle@joyfortheplanet.org

  • La route de la Joie – Episode 10 – Des larmes de la mort d’Ulysse à la joie de recevoir un prix

    La route de la Joie – Episode 10 – Des larmes de la mort d’Ulysse à la joie de recevoir un prix

    Des larmes qui ont coulé avec la mort de mon chien «Ulysse» à la joie avec la remise du Prix Robert-Scheimbet. 

    En route pour la Norvège, j’ai perdu mon fidèle compagnon de voyage depuis 10 ans, mon chien Ulysse. Il n’a pas survécu à une troisième embolie pulmonaire malgré la rapidité de sa prise en charge par une formidable équipe de vétérinaires à Varde, au Danemark.

    Par miracle et grâce à Google, j’avais trouvé cette clinique à 2km du parking où je m’étais garée pour observer mon chien qui commençait à avoir du mal à respirer. Grâce à leur intervention, son état s’était pourtant stabilisé mais son cœur s’est arrêté de battre pendant qu’il était en phase de «récupération».

    Après le choc de la nouvelle, j’ai été lui dire au revoir. Il était allongé paisiblement comme s’il dormait. Je l’ai longuement caressé pour le remercier de sa mission ici-bas, si riche, douce, patiente et aimante. Je suis remontée un peu hagarde à bord de Begoodee qui pleurait lui aussi son plus gentil passager et j’ai repris, seule, mon bâton de pèlerin. Je lui ai rendu hommage à travers une vidéo et j’ai décidé qu’il était notre 27e Nominé de la Joie. Car il arrive parfois que les animaux soient plus utiles que les humains.

    Je souhaitais que pour toute la bonté semée sur sa route, il reparte avec les honneurs et dans la lumière. Depuis, Ulysse n’est plus «à côté» de moi mais il reste «à mes côtés» et je le sens partout. Il m’a laissé un tel héritage d’amour et de sérénité que ma joie est plus grande que ma peine. Il a quitté sa veste de pelage noir, gris et blanc pour élargir à l’infini sa garde-robe. Il m’apparaît désormais sous la forme d’un buisson, d’une plume déposée à mes pieds aux couleurs de sa toison, sur l’écorce d’un arbre ou dans le mot de passe pour accéder au réseau internet dans un camping où j’ai passé la nuit: «All united», tous unis.

    Et puis la vie m’a fait le plus beau des cadeaux de consolation. Une semaine après sa mort, jour pour jour et à l’heure précise où le cœur d’Ulysse s’est arrêté de battre, j’ai reçu, le 14 juin dernier, des mains de Dominique Ducret, président de la Société genevoise d’utilité publique, le Prix Robert Scheimbet qui a été créé pour «distinguer les personnes qui, simplement, modeste ment, discrètement, ont accompli pendant des années ce qu’elles considéraient comme leur devoir envers elle-même et leurs prochains, sans attendre de récompense.»

    Et c’est aussi tout le but de Joy for the Planet, mettre en avant la grandeur humaine au-delà des différences, celle qui sort du chablon formaté du succès ou qui passe à travers le tamis des grands médias.  (à suivre)

    Isabelle Alexandrine Bourgeois – contact: isabelle@joyfortheplanet.org

  • La Route de la Joie, épisode 8

    La Route de la Joie, épisode 8

    Cette jeune Tessinoise à la danse envoûtante fait tournoyer sa robe pour rassembler tous les peuples de la Terre.

    J’avais rencontré cette femme extraordinaire à Locarno (Tessin) au cours d’un séminaire. À la pause, elle m’avait parlé de son action en faveur de la Paix dans le monde. J’ai été tant impressionnée par ce petit bout de femme qui, en faisant tournoyer sa robe, agit pour la planète, que je l’ai invitée à bord de Begoodee quelques mois plus tard…

    Samah Gayed est une danseuse et enseignante internationale originaire du Moyen-Orient (Egypte). Elle est spécialisée dans la «danse tournoyante», inspirée de la danse derviche. En 2014, elle a été invitée à danser au «International Dance Congress (UNESCO)», en tant que danseuse pour la Paix.

    Grâce à ses voyages dans le monde, Samah a développé une identité plus globale, au-delà des différences culturelles. Cela lui a permis de se sentir «fille de toute la Terre». Dans cet esprit, elle pratique et diffuse la «OneDance», une danse où l’on tournoie pour trouver le point central en soi, l’essence où la paix demeure, le point de rencontre entre toutes les identités. La «OneDance» englobe tout ce en quoi elle croit et aspire, telle que l’Unité de l’humanité, des nations, cultures et religions. La jeune femme a fait coudre des drapeaux de tous les pays du monde sur la jupe avec laquelle elle danse avec fougue et ferveur devant des publics variés, envoûtés par l’intensité de sa présence, ou parfois irrité. «Il m’est arrivé d’être critiquée dans certains pays parce que ma jupe porte des drapeaux «ennemis». Mais j’ai ri et j’ai continué à danser!», lance-t-elle en rigolant.

    La joie selon Samah Gayed? «Pour moi, la joie, c’est accepter la vie telle qu’elle est, même quand je n’ai pas envie de sourire ou que je suis triste. Alors au même instant, le cadeau apparaît, car j’ai réussi à transformer les difficultés en opportunités. La vie me dit: «Change de comportement, change de mouvement, trouve un autre chemin, une autre approche. De cette manière, on ouvre les portes de la créativité», explique la jeune femme.

    ONG au service de l’Unité

    «Associazione OneDance» est une association caritative fondée en avril 2010 par Samah Gayed. «Les précieuses contributions que nous recueillons nous permettent d’apporter du soutien aux orphelinats en Basse et en Haute Egypte. On a aussi coopéré à la mise en œuvre de petites interventions médicales et chirurgicales, en plus d’apporter une aide pratique aux familles dans le besoin», confie la danseuse.
    (à suivre)

    Isabelle Alexandrine Bourgeois
    isabelle@joyfortheplanet.org

    Rencontres et séminaire avec Samah Gayed
    Le 16 juin: séminaire de danse égyptienne de 14h à 17h (Vevey);
    le 17 juin: apprentissage de la «One danse» (Lausanne).
    Horaires et lieux sur: www.yabalady.com

  • La route de la joie, épisode 3

    La route de la joie, épisode 3

     Episode 3: à Villasimius et à Porto Rafael en Sardaigne avec Sandra Manis et Ottavio Pincioni

    «Toute ma vie je me suis battue contre la maladie et le diabète», m’a confié Sandra Manis à bord de mon bus  Begoodee en route pour Villasimius, au bord de la mer au sud de la Sardaigne. «À 48 ans, je suis née une deuxième fois grâce à la greffe d’un rein et d’un pancréas d’un homme décédé à 20 ans.»

    Pendant que Sandra me décrit les courbes de son existence, mon camping-car prend plusieurs virages serrés surplombant la mer. Avec ce projet, je me suis engagée à rendre service en chemin. Et Sandra rêvait d’une journée à la mer, loin des hôpitaux. «Cette journée avec toi m’aide à accepter de vivre pour deux. A présent, je désire apprendre à d’autres à vivre aussi». Je suis repartie avec une lampe de plus, fabriquée par Sandra, dans laquelle elle a glissé un message d’espoir pour celui qui la recevra.

    Après cette rencontre bouleversante, j’ai repris la route pour Porto Rafael, dans le nord. Une amie m’avait parlé d’un «homme aimé de tous». Il n’en fallait pas plus pour éveiller ma curiosité et m’indiquer ma prochaine direction! Ottavio Pincioni m’a invité à sa table. «À 10 ans, je crevais de faim. Je vivais de petits boulots pour me nourrir. Je cuisinais pour les grandes familles de la noblesse italienne qui venaient passer leurs vacances ici. Un jour, un baron m’a embauché comme cuisinier dans une buvette de plage. Six ans plus tard, le baron décède et, admiratif de ce «petit bonhomme si tenace et courageux», lui lègue le restaurant et «le coin de mer qui va avec». Un «coin» qui vaut des millions!

    Ottavio n’a que 16 ans… Le pauvre d’hier devient l’homme le plus envié du littoral. En quarante ans, il fera de ce lieu un Yacht Club très prisé. Non pas par snobisme, bien au contraire: parce que le port de Porto Rafael est resté un endroit authentique dans un environnement ultra VIP et convoité. «Je continue à cuisiner pour mes visiteurs, je recueille des chiens perdus et j’ai envoyé sur les roses des centaines d’offres de rachat mirobolantes. Je n’ai jamais vendu mon âme.»

    Je lui lui tends alors une lampe solaire: «Ottavio, pour ta bonté et tout le bien que tu as fait autour de toi», je t’offre ce modeste trophée lumineux, fabriqué par Elise, une Suissesse de 10 ans. Emu aux larmes, Ottavio bredouille: «Eh bien ça, c’est un autre grand moment de mon existence!». C’est vous dire l’humilité de ce monsieur. Cerise sur le gâteau, Elise accompagnée de ses parents va rencontrer Ottavio à Pâques! C’est la magie de la lumière…  (à suivre)

    ISABELLE ALEXANDRINE BOURGEOIS

    Journaliste militant pour une information positive, Isou, alias Isabelle Alexandrine Bourgeois de Giez, est partie un an dans le camping-car Begoodee pour récolter de la joie à partager et rencontrer des femmes et des hommes inspirants.

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  • La route de la joie – Episode 2, Escale à Cagliari en Sardaigne

    La route de la joie – Episode 2, Escale à Cagliari en Sardaigne

    Journaliste militant pour une information positive, Isou, alias Isabelle Alexandrine Bourgeois de Giez, est partie un an dans le camping-car Begoodee pour récolter de la joie à partager et rencontrer des femmes et des hommes inspirants…

    Après Damanhur, j’ai embarqué Ulysse et Begoodee sur le ferry de Gênes à Olbia pour me rendre à Cagliari où j’ai rendez-vous avec le Dr. Luciano Carboni. Médecin très aimé dans la région, il a soulagé des centaines de malades chroniques en prescrivant un «traitement» original qui porte le nom de «Théâtre du Vécu». Imaginé et élaboré par le professeur genevois Jean-Philippe Assal, pionnier en Europe de l’éducation thérapeutique du malade, le «Théâtre du Vécu»* est un processus créatif capable de transformer une expérience passée difficile en utilisant les moyens du théâtre. Grâce à cet outil, le Prof. Assal et le Dr. Carboni ont permis à des milliers de patients de cohabiter harmonieusement avec leur maladie ou à dépasser leurs épreuves personnelles. En devenant les metteurs en scène de leur histoire, les participants parviennent à s’extraire du scénario de la souffrance.

    Pour leur engagement courageux et parce qu’ils considèrent toujours l’humain avant de traiter le malade, je leur ai remis deux lampes solaires. En amont des performances médicales, des protocoles de soins et des «turn-over» de personnel interdisant aux sentiments de s’installer entre patients et accompagnants, Le Théâtre du Vécu priorise les valeurs d’humanité, de temps, de tendresse et d’empathie autour des patients. Parce que Joy For The Planet partage ces mêmes valeurs d’humanité et d’espoir, j’ai proposé d’animer deux ateliers de lampes solaires à des participants souffrant de maladie chronique. Après trois heures de travail, quelle émotion de percevoir leur regard émerveillé lorsque leur lampe s’allume, comme étonnés d’être capables, eux aussi, de produire et d’offrir de la lumière à quelqu’un d’autre. Chacun a glissé un message d’espoir au fond de son bocal de verre comme une bouteille jetée à la mer. Par ce rituel à la fois technique et symbolique, ils ont pris conscience qu’aucune maladie ni aucun drame n’a le pouvoir d’atténuer la lumière en soi.
    (à suivre)

    En savoir plus

    ISABELLE ALEXANDRINE BOURGEOIS
    contact: isabelle@joyfortheplanet.org
    * «Le Théâtre du Vécu»: Art, Soin, Education par J.-Ph. Assal, M. Durand, O. Horn. Préface Boris Cyrulnik.